Neuf ans avec Mageia


  • Prédateur

    Neuf ans que la distribution GNU/Linux Mageia a été lancée, que Cauldron, sa version de développement, accepte de nouveaux participants, et sept versions stables depuis (plutôt plus de dix si l’on compte la 7.1, 5.1, 6.1 et la 0 :-D).

    Le 19 septembre 2010, Mageia est apparue : une distribution GNU/Linux communautaire dans la continuité de Mandriva : développement ouvert à tous, respectant au plus près les principes de la FSF. Mageia apportait l’implication des utilisateurs (qui ont le même rang que tout contributeur) ainsi qu’une démarche de contribution en amont pour plus d’efficacité.
    Sans revenir sur les événements houleux côté Mandriva, lorsque l’annonce a été effectuée, l’adhésion de la communauté des utilisateurs a été impressionnante (et appréciée, même si c’était du boulot de suivre tous les courriels évoquant tous les sujets attendus). Et ça continue !

    Le terme Mageia — μαγεία en grec — signifie Magie en français, la référence étant évidente pour les habitués de la communauté (le nom original était Mandrake™).

    Voici un petit retour sur toutes ces années sympathiques sous GNU/Linux ci‑dessous. :-) N’hésitez pas à partager votre propre expérience. _o/

    Sommaire

    Contribution en amont

    Le travail avec les développeurs amont a été privilégié dès le début : essayer de motiver chaque empaqueteur à remonter ses correctifs aux développeurs, au besoin à empaqueter la dernière version pour la version stable de Mageia s’il y a peu de dépendances, même s’il y en a parfois beaucoup, comme avec KDE dernièrement.

    Cela permet aux utilisateurs et aux utilisatrices de disposer pour certaines applications d’une version plus récente — correction de failles de sécurité, nouvelles fonctionnalités, nouveaux bogues :-p —, ce qui avec Mandriva n’était possible que dans Cooker. Les paquets restent dans Cauldron, mais la version stable en bénéficie lorsqu’il n’y a pas trop d’adhérence (en gros : le nombre de paquets à installer qui, de proche en proche, induirait des régressions sur d’autres applications ou la nécessité de les réempaqueter aussi — autant prendre Arch Linux dans ce cas, ou être en Cauldron en connaissance de cause).

    Une implication de la communauté

    Auparavant, on pouvait avoir le sentiment que les développeurs et empaqueteurs constituaient la communauté ; avec Mageia, les utilisateurs ont la possibilité de contribuer : leurs retours sont moins dans l’exigence que dans les suggestions pour améliorer l’utilisation d’un logiciel (j’ai un peu de mal à le formuler, mais j’y ai vu un changement d’esprit : capacité à tester des versions proposées par les empaqueteurs, meilleur relai entre MLO (Mageia Linux Online, la communauté francophone) et les salons IRC (Internet Relay Chat), qualité des remontées plus factuelles, meilleurs relais avec l’amont, voire des utilisateurs et des utilisatrices s’y impliquant pour participer aux tests, et même intégrer l’équipe d’empaquetage de Mageia).

    Déjà, un forum tel que MLO s’est joint à l’initiative dès le début et cela s’est vu : documentation d’installation traduite en français au fur et à mesure, remontées de bogues mieux documentées (du forum vers le Bugzilla), incitation à utiliser les processus de développement proposés, contacts directs de temps en temps (IRC, courriel, forum développeur en amont).

    Quelques mercis, incomplets mais représentatifs :

    Un relai dans la communauté du Libre

    En reconnaissant les similitudes de parcours entre les deux projets, Mageia a adopté LibreOffice dès le début, a participé aux rencontres « habituelles » que ce soit les JDLL à Lyon, Solutions Linux (devenu POSS depuis) sur Paris, Linux Tag en Allemagne, le FOSDEM en Belgique (qui accueille historiquement les rencontres du bureau, des empaqueteurs et les échanges utilisateurs depuis 2011), et bien d’autres.

    Mageia en tant que distribution internationale, permet ainsi à ses membres de se rencontrer, avec une volonté de prendre en compte toutes les bonnes initiatives.

    Notre proximité préalable avec openSUSE, Fedora et pas mal de développeurs Debian a sans doute aidé à faciliter ces échanges. Ceux avec OpenMandriva Lx (une autre divergence de Mandriva) se sont faits naturellement, leur approche étant plus orientée développeurs. Le développement en amont a aussi bénéficié de relais côté Gentoo voire Arch Linux, car nous avions en commun la difficulté à sortir une version pour architecture ARM.

    Des versions avec des hauts et des bas, sans rogner sur la qualité

    La rétrospective des versions est consultable sur LinuxFr.org :

    Ainsi que quelques événements marquant :

    Et beaucoup d’autres articles via l’étiquette « Mageia ».

    La version 6 en particulier nous a permis d’éprouver notre modèle de développement :

    • peu de renouvellement au niveau de l’équipe d’empaquetage ;
    • une version tardant à sortir (du fait des peaufinages nécessaires pour Wayland, mais pas seulement) ;
    • une volonté de sortir quand c’est prêt, même si cela remet en cause l’agenda initial.

    Merci à ennael, tmb, misc, neoclust, pterjan, Nanar, Jehane, remi, Akien, Ali3n, tv, blino, lafeebleue, David, AdamW, papap, Lebarhon, yogilou et toutes les personnes qui ont rendu cela possible (et j’en oublie, et pas qu’une personne !).

    Expérience personnelle

    Dans les grandes lignes, au jour le jour, avec un système efficace, j’ai :

    • commencé avec Mandrake 5.2 (vers 1999) ;
    • utilisé Cooker pendant plus de quatre ans pour plus de cinq versions de Mandriva (de 2003 à 2009) ;
    • grâce à blino< et tv< réussi à intégrer le pilote eagle-usb au noyau de Mandriva Linux 9.2 pour gérer les modems fast 800 en USB (utilisés par Free puis Orange ensuite) ;
    • compilé même OpenOffice pour avoir la dernière version (plus de huit heures et plus de 60 Gio d’espace disque à l’époque, avant la parallélisation de la compilation) ;
    • utilisé Cauldron de l’ordre de deux ans pour trois versions (de 2010 à 2015) ;
    • utilisé la version stable beaucoup plus souvent avec Mageia depuis 2015 : il y a des montées de version des logiciels dont j’ai besoin (Firefox, Évolution, LibreOffice, etc.) ;
    • et j’ai commis « Et 1, et 2, et 3, Mageia ! ».

    N’hésitez pas à partager dans les commentaires vos impressions et bons souvenirs, à indiquer ce qui vous a incité à passer sur Mageia ou essayer d’autres distributions.

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