15 ans d’Arch Linux


  • Prédateur

    Le 11 mars 2002 sortait la version 0.1 d’Arch Linux. D’après les calculs d’éminents transistors, ça fait donc quinze ans tout juste, alors tous en cœur : Bon anniversaire !

    Pour les curieux, quelques informations non exhaustives sont en seconde partie de dépêche.

    Sommaire

    Qu’est‐ce que c’est qu’Arch Linux ?

    Question très peu pertinente sur LinuxFr.org, mais qui introduit, but de cette introduction.

    D’après son auteur Judd Vinet à propos de la version 0.1 : « Arch Linux (était) une distribution GNU/Linux optimisée pour le i686 basée sur les idées de CRUX, une super distribution développée par Per Lidén. » [Source : Wayback Machine du site archlinux.org]

    Philosophie et public ciblé

    Arch Linux est une distribution qui se veut légère, simple selon le principe KISS et rapide. Cette distribution fournit des paquets quasiment neutres et le plus à jour possible. Contrairement aux autres distributions populaires, Arch ne découpe pas les paquets (-dev, -devel, -docs, etc.), ils sont aussi au plus proche de l’original vous donnant l’impression d’avoir un paquet comme s’il était installé à la main. De plus, l’utilisateur est aux commandes et choisit ce qu’il installe. Les dépendances sont réduites au maximum et les groupes d’installation demandent quelles parties du groupe installer.

    Arch Linux fonctionne en publication continue (rolling‐release). Il n’y a jamais de version, donc pas de nom et donc pas de médiatisation tous les six mois. C’est pour ça que toi lecteur, tu ne la connais peut‐être pas encore. Le système reçoit des mises à jour continues, avec ce que ça implique de responsabilisation de son mainteneur. Seuls les CD autonomes (live CD) sont générés tous les mois.

    C’est aussi une distribution indépendante, basée sur aucune autre. Son gestionnaire de paquets pacman est unique en son genre et se veut simple et efficace. Couplé avec l’outil yaourt, ils sont même d’une redoutable efficacité.

    Arch Linux s’adresse à un public déjà connaisseur de GNU/Linux ou souhaitant progresser. Cependant, le Wiki est extrêmement complet et il est difficile de ne pas trouver une page qui ne décrive son besoin ; mais les concepts de base comme le terminal, le super‐utilisateur root, les droits ou bien le système de fichiers sont considérés comme acquis.

    Temps forts

    • 11 avril 2005 : http://aur.archlinux.org ouvre ses portes ;
    • 8 juillet 2005 : le wiki ouvre ses portes ;
    • fin 2007 : Judd Vinett, le dévelopeur original d’Arch Linux et surtout de pacman laisse la place à Aaron Griffin ;
    • 20 juillet 2012 : annonce de l’arrêt de l’utilisation du fichier rc.conf [courriel original] ;
    • 13 octobre 2012 : systemd devient le système d’initialisation par défaut [news].

    Pacman

    C’est le gestionnaire de paquets de Arch Linux et l’un de ses principaux atouts. C’est aussi le point de départ historique de la distribution [interview de Judd Vinet par Distrowatch]. Bien que moins intuitif que des gestionnaires de paquets d’autres distributions, il est extrêmement puissant et simple à mettre en œuvre une fois la syntaxe des arguments acquise. Il est subjectivement élégant, j’en veux pour preuve ce one‐liner qui permet de supprimer les paquets orphelins en deux commandes pacman « simples » :

    pacman -Rns $(pacman -Qtdq)
    

    ABS

    Le Arch Build System permet l’installation des paquets de la distribution depuis les sources plutôt que depuis des binaires pré‐compilés. Il est inspiré du système des ports des distributions BSD. Il n’est pas directement utilisable à la Gentoo au sens où le gestionnaire de paquets ne fera pas les mises à jour seul avec téléchargement des sources, compilation et installation automatique. En revanche, le résultat d’une compilation ABS permet d’obtenir un paquet installable par Pacman.

    AUR

    Arch Linux est d’autant plus populaire à travers son célèbre Arch User Repository. Celui‐ci permet aux contributeurs externes de partager des PKGBUILD (scripts d’installation), afin de proposer des paquets qui ne sont pas encore intégrés à la distribution. Ces derniers sont, bien entendu, finalement installés par pacman, donc connus par le système de gestion de paquets.

    Un système de vote des paquets permet de passer le paquet depuis AUR vers le dépôt [community]. Ce dernier est spécialement réservé aux paquets venant d’AUR. Il est maintenu par des utilisateurs de confiance. Ceci ne s’applique pas aux paquets assistant qui ne contiennent pas les sources mais renvoient vers des dépôts externes (git, svn, etc.).

    Moderne

    Comme dit plus haut, Arch Linux est une distribution qui utilise le plus possible la dernière version publiée en amont des logiciels qu’elle distribue et évite de maintenir des modifications spécifiques à la distribution. C’est d’ailleurs l’une des premières à avoir adopté Python 3 par défaut, il y a quelques années, et systemd comme système d’initialisation plus récemment.

    Elle se veut aussi moderne concernant les architectures supportées. Ainsi, l’architecture i686 est maintenant rendue obsolète afin de diminuer la charge de travail des développeurs.

    Distributions dérivées

    Le succès et la simplicité d’Arch Linux dans sa conception a poussé nombre de distributions à s’en inspirer, souvent pour proposer une distribution clef en main — avec un installateur et un environnement graphiques pré‐installés, par exemple.

    On notera que parmi les dérivées d’Arch Linux, quatre utilisent Calamares : Chakra, ApricityOS, Manjaro et BBQLinux (ces deux dernières y ont aussi contribué).

    ArchBang

    ArchBang est une distribution maintenue principalement par Stan McLaren (aka Mr Green). ArchBang se veut légère, réactive, proche de la philosophie d’Arch Linux et à la manière de la défunte CrunchBang, utilise OpenBox, tint2 et Conky pour l’environnement de bureau. Elle existe en deux versions : une utilisant systemd, une autre OpenRC. Elle utilise les dépôts officiels d’Arch Linux.

    Antergos

    Antergos est une distribution maintenue par Alexandre Filgueira et son équipe. Elle utilise GNOME par défaut, mais il est possible d’installer MATE, Cinnamon, Plasma 5 ou XFCE. Antergos se veut une distribution clef en main en proposant dès l’installation un environnement prêt à l’emploi. Elle utilise les dépôts d’Arch Linux et propose également une interface graphique cliente pour pacman avec pamac.

    Manjaro

    Manjaro est une distribution maintenue par une équipe de développeurs comprenant, entre autres, Philip Müller, Roland Singer et Guillaume Benoit. Elle utilise Plasma 5 ou XFCE par défaut. La communauté supporte divers environnements de bureau, moyennant souvent un retard ou des problèmes de stabilité par rapport aux versions officielles. C’est une distribution clef en main. Elle utilise des dépôts qui lui sont propres et ne suit donc pas le rythme de mise à jour d’Arch Linux.

    Chakra

    Chakra est à l’origine un projet basé sur Arch Linux visant à installer et promouvoir l’environnement de bureau KDE. Aujourd’hui, Chakra est indépendante. C’est une distribution clef en main qui propose uniquement Plasma comme environnement. Chakra utilise ses propres dépôts et ne suit pas les rythmes de mise à jour d’ArchLinux.

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