OpenMPT 1.28 : OPL & concours


  • Prédateur

    Sommaire

    Petit rappel liminaire et essentiel en guise d’introduction rapide afin de rentrer dans le sujet sans superfétatoires déclarations qui n’auraient que pour but de tester la limite d’affichage d’un titre.

    OpenMPT se place en digne héritier d’une abondante lignée de Soundtrackers.

    Cette façon de composer de la musique est tombée en désuétude ces dernières années. C’est bien dommage, car c’est un format naturel pour les démos et les jeux videos, où pourtant la musique streamée s’est imposée peu à peu (mis à part quelques remarquable exceptions).

    OpenMPT et la concurrence

    OpenMPT n’est bien sûr pas le seul logiciel à être encore développé aujourd’hui, il existe également:

    • MilkyTracker : interface à l’ancienne, open-source, orienté MOD/XM (héritage FastTracker2 ).

    • Schismtracker : interface également à l’ancienne (mais plus ergonomique que Milky, de mon avis personnel à moi). Open-source, orienté S3M/IT (héritage ImpulseTracker ). Particularité intéressante, il supporte les instruments OPL : nous allons y revenir.

    • Sunvox : approche complètement différente, closed-source (builds linux & replays-routines disponibles) mais vaut incontestablement le détour pour ses générateurs incroyables.

    • Klystracker : beaucoup moins connu, mais vraiment sympathique pour la chip-music avec sa synthèse FM. Tire un peu sur le proc pour la replay. Ce n’est pas forcément rédhibitoire: le CPU a tendance à s’ennuyer de nos jours.

    OpenMPT en lui-même

    Aujourd’hui c’est OpenMPT qui nous intéresse.

    OpenMPT est un logiciel open-source , mais ses différentes composantes sont supportées sous Linux de plusieurs façons.

    Il est activement développé, principalement par deux contributeurs réguliers: Manxorist et Saga Musix , par ailleurs très actifs dans le petit monde du soundtracker.

    Partie replay

    Sa partie replay (pour rejouer des compositions) est supportée nativement sur un grand nombre de plate-formes, dont Linux. Il est à noter qu’il ne faut pas confondre la libmodplug, assez répandue dans le monde Linux et issue d’un fork ancien de ModPlugTracker (ancien nom de OpenMPT), et la libopenmpt.

    La libopenmpt est développée conjointement avec OpenMPT et suit bien sûr ses évolutions. Quelques utilitaires sont intégrés au repo source, dont openmpt123 qui permet d’écouter en shell les modules dont le format est supporté par OpenMPT.

    La libopenmpt est très performante, et offre bien plus de possibilités que la libmodplug qui n’a pour elle que sa large distribution. La libmodplug est par exemple intégrée dans love2d , bien qu’il soit régulièrement évoqué la possibilité de la remplacer par mieux (si il y a des courageux…).

    Partie tracker

    Il supporte les deux grandes familles de trackers classiques, à savoir MOD/XM et S3M/IT. , que ce soit en chargement ou sauvegarde.
    Son format interne MPTM apporte quelques extensions à IT.

    Il permet également l’utilisation d’instruments VST, mais je n’ai jamais utilisé cette possibilité dont la modernité me rempli d’effroi (aussi et surtout parce que cela m’empêcherait d’utiliser la replay-routine).

    Son interface est à mon avis la plus ergonomique de tous les trackers: nous sortons des interfaces des années 90, à la lisibilité discutable.

    Comparaison des différentes interfaces

    (pour cette comparaison, je n’ai pas réussi à insérer des miniatures malgré l’aide du wiki linuxfr: donc clic-droit + voir pour l’image originale. Si un modo veut bien corriger ça et m’expliquer…)

    • MilkyTracker MilkyTracker: bienvenue dans les années 90.

    • SchismTracker SchismTracker: rendu flou dès que l’on redimensionne.

    • OpenMPT OpenMPT: clair et net.

    Avec OpenMPT, nous avons une interface intégrée à l’OS. Malheureusement, cette interface est liée à Windows depuis le début, et rend le portage sous Linux bien difficile.

    Support Wine

    La bonne nouvelle est que les mainteneurs font tout ce qu’ils peuvent pour que le programme tourne parfaitement sous Wine.

    OpenMPT détecte au démarrage si il tourne sous Wine, et applique quelques patches le cas échéant.

    Le MIDI fonctionne également très bien, comme j’ai pu le tester avec mon mini-clavier Korg nanoKEY2

    On peut installer le programme de façon traditionnelle ou utiliser une archive et le lancer directement avec wine mptrack.exe.

    Il y a également un mode «portable» qui n’écrit rien dans la base de registres et stocke la configuration dans le répertoire courant.

    OpenMPT 1.28 : le futur

    OpenMPT 1.28 est la version de développement, sur le point de sortir.

    L’OPL est désormais supporté.

    L’OPL dans les soundtrackers

    Les soundtrackers utilisent traditionnellement des samples. Il y eu cependant quelques notables exceptions, en particulier ScreamTracker 3.

    En effet, ScreamTracker3 permettait de mélanger les samples et la synthèse FM. La synthèse FM était assurée par le chipset OPL présent sur les anciennes carte sons Adlib, puis SoundBlaster.
    Le chipset supporté est donc l’OPL2, qui permettait 9 voies supplémentaires, en plus des voies PCM (samples).
    L’utilisation de l’OPL apparait clairement dans le format S3M.

    Le chipset est rustique, mais supporte néanmoins des sonorités intéressantes. Le fait de pouvoir ajouter des samples pour les instruments dont le rendu FM est désagréable (comme les percussions crachouillantes) permet de composer de bien belles mélodies.

    Un bon exemple de ce qui est possible peut-être trouvé dans la démo

    . Elle accuse certes son âge, mais sa musique est toujours aussi intéressante (surtout la première, ma préférée).
    La musique utilisait le format spécial CDFM propre au groupe et documenté ici. Ce format fut uniquement supporté dans le bien-nommé CDFM-tracker.
    Néanmoins, un convertisseur a été écrit par Malvineous, ce qui a permis sa conversion en S3M.

    Jusqu’à présent, seul SchismTracker permettait une écoute des pistes OPL, mais cela vient de changer avec OpenMPT 1.28.

    OpenMPT 1.28 et l’OPL

    le support

    La plus grande nouveauté est le support des instruments OPL2 et OPL3, dans la droite ligne de ScreamTracker3 (quoique pour ce qu’il est d’OPL3, je ne suis pas sûr que ScreamTracker3 le supportait puisque limité à 9 channels).

    Pour l’installer, il faut soit compiler soi-même la version de développement, soit passer par les builds créés en continu.

    Je suis passé par la version win32 des builds , et ceci fonctionne très bien.

    Les builds de la 1.28 sont ici.

    Pour l’instant, il n’est pas possible de créer un nouvel intrument OPL.

    Il faut donc en utiliser un existant. On peut cependant faire varier ses caractéristiques avec l’interface: menu «samples», où le graphique d’échantillonage sera remplacé par des sliders afin de faire varier les caractéristiques de l’instrument.

    Pour trouver des instruments, il va vous falloir fouiller quelque peu , car on trouve surtout la description des acronymes S3I (instruments FM de ScreamTracker3) et SBI (soundblaster instruments).

    Vous pouvez également essayer les instruments de l’archive contenant les S3M Amnesia, postée plus haut.

    Vu la vitesse à laquelle les versions de dev se succèdent, il est possible que les possibilités d’édition d’instruments soient beaucoup plus grandes au moment où vous lirez ces lignes.

    le concours

    Il consiste à créer un module avec la version 1.28, en exploitant les instruments FM.

    Il est ouvert jusqu’au 30 septembre 2018 (date de la sortie probable de la nouvelle version)

    Il n’y a rien à gagner, si ce n’est la gloire d’avoir son module distribué avec les prochains OpenMPT.

    Le réglement se trouve ici

    Alors si un musicien traine par ici, c’est le moment ! Et le but de ce journal était d’ailleurs d’augmenter le nombre de participants potentiel.

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