• Prédateur

    Il y a un peu plus d’un an de cela, j’avais publié une dépêche sur Pico‑8, TIC‑80 et les consoles imaginaires, laquelle avait eu un certain succès.

    Ces « consoles imaginaires » sont des systèmes pour la création de jeux, basés sur des caractéristiques définies, et reprenant un look vaguement rétro, sur le modèle des ordinateurs et consoles 8 bits du siècle dernier. Il s’agit de logiciels et non pas de machines physiques, même si l’on peut s’en rapprocher, comme on le verra plus bas.

    Cette fois‑ci, je ne vais pas parler de Pico‑8, qui est très bien en soi, avec notamment une importante communauté (c’est un des premiers logiciels de ce type), mais qui n’est malheureusement pas libre, et plutôt me concentrer sur une alternative entièrement libre, sous licence MIT, et franchement enthousiasmante : TIC‑80. En effet, Vadim Grigoruk, le développeur principal, a annoncé la sortie de la version 0.80 le 25 septembre 2020 dernier, et c’est donc l’occasion d’en faire la promotion via cette dépêche. Il y a d’ailleurs eu beaucoup de changements par rapport à la version 0.70 sortie plus de deux ans auparavant.

    Rappelons les spécifications internes de TIC‑80, qui sont les suivantes :

    • affichage : écran de 240 × 136 pixels, palette de seize couleurs ;
    • entrées : deux contrôleurs de jeu avec huit boutons, la souris est optionnelle ;
    • sprites (éléments de base) : 256 sprites en premier plan (taille 8 × 8) et 256 sprites en arrière‑plan (taille 8 × 8) — il est possible de combiner ces sprites pour en réaliser de plus grands, mais cela en diminue d’autant le nombre maximum ;
    • carte (de jeu) : cellules de 240 × 136 pixels (par écran) et 1 920 × 1 088 pixels maximum ;
    • sons : quatre canaux avec des ondes sonores configurables ;
    • code : 64 Kio maximum (512 Kio dans la version « pro », qui est libre également, mais qui sert surtout à aider le développeur) ; programmation en Lua, MoonScript, JavaScript, Wren ou Fennel.

    Démo de TIC-80

    On notera également que l’EDI pour développer est entièrement contenu dans les contraintes énoncées plus haut, si bien que l’immersion est totale, et le parallèle avec un ordinateur de l’époque 8 bits est d’autant plus pertinent : on fait comme si la machine se suffisait à elle‑même, et il n’est pas nécessaire de recourir à des outils extérieurs, même s’il reste possible d’importer du contenu généré ailleurs, images ou code.

    Nouveautés

    Depuis la 0.70, l’interface a été un peu modifiée et peaufinée, et les couleurs par défaut optimisées, en utilisant dorénavant la palette Sweetie 16. Il est également possible d’augmenter le nombre de sprites en réduisant le nombre de couleurs.

    Le son passe en stéréo, il y a de nouveaux effets sonores et, en plus d’un éditeur de musique sous forme de Tracker, cette nouvelle version propose une sorte de « piano roll » (rouleau de piano pneumatique), où l’on peut entrer les notes sur un clavier de piano, comme dans certains éditeurs MIDI.

    Bonne nouvelle pour les joueurs adeptes des consoles physiques, puisqu’un portage de TIC‑80 pour la Nintendo 3DS a été réalisé, ainsi qu’une version pour Libretro (une API qui sert de base au système d’émulation RetroArch), ce qui ouvre de nouvelles perspectives.

    Rappelons que TIC‑80 fonctionne sous GNU/Linux et autres dérivés UNIX, Windows, macOS et Android, et l’on peut également exporter en version HTML pour des jeux depuis un navigateur. Il existe également une version Raspberry Pi « bare metal » (utilisant les bibliothèques circle et circle-stdlib) démarrant en quelques secondes, ce qui en fait presque une console matérielle, même si ce n’est pas sur du matériel dédié.

    Prise en main rapide

    Pour utiliser TIC‑80, c’est facile, on exécute le binaire, on tape la commande surf, et l’on peut accéder directement à des jeux en ligne (8 Bit Panda, est très chouette par exemple). Appuyez sur z pour sélectionner un jeu. Jouez un peu, puis appuyez sur Échap. Choisissez « close game », z pour valider, vous revenez sur l’interface de « surf », qui permet de sélectionner un autre jeu. Mais si vous appuyez de nouveau sur Échap, vous entrez dans l’interface en ligne de commande. Appuyez sur F1, vous avez accès au code et pouvez le modifier. Appuyez sur F2, vous avez accès aux sprites. Faites vos modifications, appuyez sur Échap de nouveau, tapez run, et vous pouvez jouer avec votre version modifiée !

    En conclusion

    Le développement de TIC‑80 semblait au point mort l’année dernière. Mais depuis quelques mois, il a repris de plus belle, laissant présager de nombreuses améliorations futures.

    L’équipe de développement est d’ailleurs à l’écoute et accepte facilement des contributions de code.

    Cet écosystème grandissant, cela encouragera à créer toujours plus de contenu sous forme de nouveaux jeux, de démos et d’outils amusants.

    L’essayer, c’est l’adopter !

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    https://linuxfr.org/news/sortie-de-tic-80-version-0-80